Description
La femme qui s’�tait gliss�e aupr�s de l’Irlandaise avait une de ces physionomies qui, pour nous servir d’une expression populaire, font froid dans le dos. Ce n’�tait pas une mendiante, pourtant. Elle avait une belle robe � ramage, un ch�le vert et rouge, un chapeau � rubans violets, des souliers cir�s � l’oeuf, avec des bas tricot�s � l’aiguille, un sac de velours au poignet gauche, un parapluie vert � la main droite, et les doigts couverts de bagues orn�es de pierres grossi�res et multicolores. Cet ensemble de mauvais go�t anglais n’�tait que grotesque et pr�tait � rire tant qu’on n’envisageait pas attentivement cette cr�ature. Les yeux d’un bleu incolore avaient un froid rayonnement. Les l�vres minces qui recouvraient de longues dents jaunes � moiti� d�chauss�es, avaient une expression de m�chancet� doucereuse; le visage empourpr� et bouffi quelque chose de bestial qui rappelait la t�te de certains animaux carnassiers. Elle s’approcha de l’Irlandaise, et celle-ci s’�carta sur le banc o� elle �tait assise, moins pour lui faire place que pour se soustraire � son contact. – Ma ch�re, lui dit cette femme, se servant d’une appellation commune au peuple de Londres, aussi vrai que je m’appelle mistress Fanoche, que je suis presque de qualit� et que j’ai quelque droit au titre de dame…






